Fonge & florule

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Le Cétérach officinal

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Photo Richard Bernaer

 

 

Cette mignonne petite fougère niche tout en haut de la tour du château de Châteaubrun. De son nid d'aigle, elle a une vue imprenable sur la Creuse qui serpente dans un patchwork de verts, et sur les sculptures géantes qui peuplent le château.

Son nom rugueux accroche joliment. Après quelques tentatives de domestication, il reste suspendu aux lèvres et ne demande qu'à être rechanté : Cétérach, Cétérach... etcétéra. Il me suggère en vrac d'autres mots à sonorité rêche : le Queyras, les Characées (des végétaux proches des algues), Cetraria islandica (un lichen consommé par les Islandais), Ceratonia (le Caroubier), kératophage (qui se nourrit de kératine), les Chélicérates (un groupe d'arthropodes)... et surtout l'envoûtante chanson qui nous obsède dans le film d'Alfred Hitchcock : L'homme qui en savait trop :

« Que sera sera... What ever will be, will be... The future's not ours to see... Que sera sera... ».

Notre fougère : Asplenium ceterach Linné, forme des touffes de feuilles vertes, épaisses, découpées en lobes arrondis soudés au rachis par toute leur largeur, et dont la face cachée est tapissée d'écailles blanchâtres puis rousses. En période de sécheresse prolongée, les limbes s'enroulent et attendent des jours meilleurs, protégés par leurs écailles tels des serpents.

Naine au milieu des géantes (les sculptures), rêche parmi les bronzes suaves, cette minuscule plante n'en a pas moins sa place au cœur de ce château fantastique... comme toutes les créatures de la nature.

 

(24 décembre 2015)



06/01/2016
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