Fonge & florule

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Le Clitocybe nébuleux


Les rêveries fungiques sont des rêveries de l'humide, de l'eau, de la terre, de l'humus. Rarement des rêveries du feu, encore moins des rêveries de l'air.

 

Le Clitocybe nébuleux Clitocybe nebularis (Batsch : Fries) Kummer : littéralement « gris nuage » �donc rattaché à l'onirisme aérien � échapperait-il à cette règle ? Ou serait-il une sorte de frivolité du mycologue à l'origine de cette appellation ? Je serais tenté de le penser � tant les « ronds de sorcière » de ce champignon sont fortement ancrés dans le sol, dans la mouillure brune des feuilles mortes qui entament déjà leur décomposition. Le rêveur reçoit toute la puissance tellurique et aqueuse de cette vision, et son ?il, rivé à la terre, ne s'envole sûrement pas... vers de gris nuages.

 

Le clitocybe nébuleux est un champignon robuste et de belle taille. Il affiche un chapeau gris pur ou mêlé de bistre ou de jaunâtre ( blanc dans la forme alba), poudré d'une pruine blanchâtre, des lames crème à ivoire, adnées à décurrentes, et un pied cylindrique gris pâle ou ochracé, renflé à la base en un bulbe  couronné de mycélium blanc. Sa chair pâle, vite molle et véreuse, dégage une odeur dite complexe, « fruitée-rance-raphanoïde », à dominance de rave.

 

Le clitocybe nébuleux, champignon tardif des bois de feuillus et de conifères, des prés-bois, était (est ?) assez couramment consommé dans l'Indre, sous le vocable « d'oreille d'épine » . Pourtant, le mycologue Henri Romagnesi nous mettait déjà en garde, en 1977 : « laxatif pour les organismes délicats » . Depuis, la communauté mycologique, à l'unanimité, s'entend pour le reconnaître indigeste et suspect. Il est donc prudent de le laisser dans la nature, surtout quand on lit sous la plume du docteur Amann « qu'il sent parfois l'iodoforme... et l'hôpital ! » .

 

 

21 décembre 2006



01/03/2015
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