Fonge & florule

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La Russule du hêtre

Russula mairei 3 blog.jpg

Photo Yvan Bernaer

 

 

Féminine, délicate, raffinée.

Telle m'apparaît la Russule du hêtre, dans sa niche de feuilles rouillées et mordorées, avec son chapeau écarlate et brillant, sa jambe et ses lames d'un blanc immaculé.

À cette sensation s'en ajoute soudain une autre : celle de la pureté. Notre petite russule est en effet aux antipodes de ces êtres fungiques desquels pourtant elle participe, qui prennent un malin plaisir à se vêtir de teintes mêlées, panachées, insaisissables, à se brouiller de viscosités fangeuses, de tonalités glauques, olivâtres, violâtres, à se fondre à la terre dont ils sont issus. Elle est d'un rouge franc et éclatant, qui contraste limpidement avec le blanc de neige de la jambe et des lames ; sa seule coquetterie est de colorer en rose la chair sous la cuticule, et de s'édulcorer avec le temps. Sa saveur immédiatement piquante laisse une merveilleuse et persistante fraîcheur dans la bouche.

Notre Russule du hêtre : Russula mairei Singer, appartient au complexe des russules émétiques, qui ont en commun de présenter des rouges vifs ou des roses, des lames et une sporée blanc pur, une saveur très piquante. L'habitat est de première importance pour les distinguer.

Notre russule est régulièrement présente sous les hêtres qui bordent l'Étang de Berthommiers, en forêt de Châteauroux. Bien des promeneuses et promeneurs la goûtent – à l'occasion d'une flânerie mycologique – la recrachent avec une grimace... puis sourient et s'illuminent, la bouche pleine de fraîcheur.

 

(12 novembre 2015)



16/11/2015
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