Fonge & florule

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L'Orobanche gracile

Orobanche gracilis blog.jpg

Photo Yvan Bernaer

 

Gracile, elle l'est... tout en étant bien en chair.

De cette chair spéciale aux orobanches, émanant tant de leurs teintes carnées que de leur consistance fraîche et pulpeuse, qui évoquent la jambe ou le bras d'une femme. Gracile et gracieuse.
Elle se dresse et ondule devant nous (le petit groupe de botanistes que nous sommes), tel un serpent sur son lit de Papilionacées. Nous aspire et nous agglutine. Nous envoûte : elle est la chair devenue plante. Incroyable et voluptueuse harmonie de rose chair, de jaune citron et de rouge sang, comme seule la nature est capable d'en imaginer.

À y regarder de près, l'émerveillement s'accentue. Se démultiplie : le rose chair imprègne surtout la jambe, mais se diffuse aussi dans toute la plante ; le jaune citron qui coiffe les corolles, rendu éblouissant par des scintillements de neige et par la vibration aqueuse de poils glanduleux clairs, jette un éclair, soudain ensanglanté par une tache énorme dans la gorge : pourpre presque grenat, luisante et circonscrite, et d'où émergent deux yeux ronds vitellins, eux-mêmes cerclés de rouge.

L'Orobanche gracile : Orobanche gracilis* Smith, nommée aussi Orobanche cruenta, nous hypnotisa sur le petit parking de l'Étang Vieux, en Brenne. Nul n'en sortit indemne.

 

(18 juin 2015)

 

L'Orobanche gracile exhale une fragrance de girofle, à l'instar de sa cousine l'Orobanche giroflée (voir Fonge & florule in L'Écho du Berry du 21 mai 2015).



13/07/2015
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