Fonge & florule

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L'Armillaire d'Ostoya

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Photos d’Yvan Bernaer

 

 

L'Armillaire d'Ostoya* est la plus farouchement obscure de toutes les armillaires – comme la perche est le poisson le plus sauvagement sombre de nos rivières, quand elle apparaît dans les limpidités brunes ou glauques. Cette sensation de noirceur chez notre armillaire émane de la surimpression de ses écailles noires en relief sur le fond bai ou brun bistre du chapeau et du pied.

Les écailles sont la résultante de mèches conglutinées, en pyramides, denses et noires au centre du chapeau, plus claires, disséminées et apprimées vers la marge, foncées et dispersées sur le pied, couronnant de pépites noires l'anneau floconneux blanc. Elles contrastent avec le fond tout en l'enténébrant.

L'Armillaire d'Ostoya : Armillaria ostoyae (Romagnesi) Herink, pousse surtout sur les conifères, mais aussi sur les feuillus. En Oregon, elle menace une forêt entière, avec son mycélium âgé d'au moins deux mille quatre cents ans, pesant plus de six cents tonnes et s'étalant sur neuf kilomètres carrés ; elle pourrait être le plus grand organisme vivant connu aujourd'hui.

Celle de la photo s'épanouit modestement sur une souche de bouleau verruqueux, dans la région d'Éguzon.

 

(3 décembre 2015)

 

Paul Kinderfreund, dit Paul Ostoya, journaliste, darwinien, mycologue et botaniste français (1904-1969).

 

 

Armillaria ostoyae 8 blog.jpg



05/12/2015
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